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==> Les bars et le cinéma
==> Les associations et les équipes
==> Les gens et la vie





Les fêtes du village

C'est aux conscrits de la classe que revenaient la tâche d'organiser les fêtes de l'année. Le jour précédent, ils partaient récupérer des branches d’asperges sauvages en bordure du Réart, ou bien des rameaux de lauriers qu’ils allaient chercher près d’Elne. Ils confectionnaient des guirlandes en attachant les branches sur un fil de fer pour décorer la place autour de l'arbre de la liberté, intercalé avec des guirlandes de drapeaux en papier au début du siècle puis par la suite en tissus. Lorsque des charrettes de foin passaient pour aller à Cabestany, il fallait les soulever avec des bâtons pour ne pas qu'elles soient arrachées. Les fêtes étaient le point culminant de l'année : on invitait la famille ou des amis à venir passer la journée au village, les repas sortaient de l'ordinaire et l'on étrennait des vêtements neufs. Les trois fêtes principales de Saleilles ont toujours été :

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le 24 juin

La fête de la Saint Jean, jusqu'en 1966, et ce depuis le début du siècle, était organisée et payée par la Société de Secours Mutuel "L’égalité" fondée le 12 mars 1900 qui a succédé à la "société du Hameau de Saleilles" créée en 1884. Tous les 24 juin, les adhérents défilaient dans les rues du village avec une "cobla" derrière la bannière de l'association. Les écoliers avec l'institutrice ouvraient le défilé qui se terminait place de la république par le discours du président. L'association "L’égalité" a longtemps joué le rôle de sécurité sociale à une époque où celle-ci n’existait pas. Ce sont les habitants du village adhérents qui alimentaient les caisses. La société était gérée par un comité local qui décidait des aides à donner : l'assistance médicale et les veilleurs qui passaient à tour de rôle la nuit auprès du malade, à l'époque toujours soigné à la maison quelles que soient la nature et la gravité des maladies. Ont été présidents : 1901 - 1905 Laurent Roitg, 1906 - 1921 Antoine Tarroque, 1922 - 1925 Emmanuel Babo. A la nationalisation des assurances sociales, la société s’est affiliée à la Roussillonnaise qui a regroupé la majorité des Sociétés de Secours Mutuel du département. La société "L’égalité" ne pris plus la fête en charge car les cotisations n'étaient plus gérées par les saleillencs. Guillaume Casenove pris personnellement la suite de l'association pendant quelques années, avant que la mairie prenne le relais. Jusqu'en 1966, la soirée débutait le feu traditionnel de la Saint Jean que l'on allumait au dépôt d'ordures, route de Perpignan. Puis la fête, animée au début du siècle par une "cobla" se déroulaient sur la place de la Fontaine, à côté des cafés. Puis les orchestres, le plus souvent "les Pelliciers" et "Combeau", prendront le relais.

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le 14 juillet

La fête nationale. Lorsque le budget de la commune était trop juste, des trois principales fêtes, c'était celle qui disparaissait. Il était coutume, tel ce 14 juillet 1947, de loger et nourrir les musiciens qui se déplaçaient moyennant finance pour animer les fêtes du village. Cette charge revenait une année sur deux à chaque café de la place de la République. Les groupes venaient souvent d'assez loin pour l'époque, comme ce 14 juillet 1951 ou l'animation fût confié à la cobla de Coustouges. Puis les orchestres ont commencé à demander un salaire de plus en plus important et au fil des ans le prix demandé par les formations devient trop élevé pour le budget du village. A partir de 1952 les fêtes du 14 juillet furent supprimées pendant quelques années.

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le 3 août

La principale fête du village. Jusqu'aux années 1940, quelques musiciens étaient loués pour les trois jours que durait la fête du village. Ils étaient hébergés et nourris par les saleillencs : le premier jour était la mise en train par quatre danses en soirée, le second était le jour de la fête du village avec des danses à midi, en fin d'après midi et le grand bal du soir. Le "llevant de taule" fait à la mi journée procurait un petit pécule aux musiciens : ceux ci sillonnaient à l'heure du repas de midi les rues du village en jouant des airs et quelques jeunes allaient de portes en portes récupérer des dons au bon cœur de chacun. La troisième journée, tout le monde allait la passer à la plage de St Cyprien. Le trajet s'effectuait avec les musiciens et il y avait un arrêt avec une danse dans chaque village traversé (Alénya, Saint Cyprien village et la plage). Le parcours se faisait avec les charrettes et les mulets sur lesquels on chargeait les enfants et le matériel pour les grillages, mais chacun emportait son repas.

A partir du 21 juillet 1975 le S.O.C. (Saleilles Olympique Culturel) s'occupera de la promotion des clubs sportifs et des manifestations associatives. Le premier président était M. Boher Désiré. Il y eu entre autres Christian Nogués, Albert Garré, Christian Chauvey et jean pierre Macou. A partir du 29 mars 1981 un comité des fêtes est créé, avec Mme Decruz Yolande comme présidente et M. Bastouill comme principal organisateur aidé aussi par de nombreuses personnes dont madame Tony Vert, notre anglaise qui, en l'an 2000, donnera en plus des cours d'anglais, des cours de sardane (danse locale) à Saleilles. Ce comité s'occupera de l'organisation des réjouissances toute l'année : le carnaval, la fête de la musique créée en 1981pour fêter le premier jour de l'été, la Saint Jean, le 14 juillet, les danses sur la place du village tous les samedis soir de la saint Jean à la rentrée des classes, la fête de la Saint Etienne, etc... jusqu’en 1991 ou la mairie décide de reprendre la gestion de l’animation et la donne en 1994 au S.O.C., présidé par M. Macou.
Depuis 1981, le comité des fêtes qu'il soit du S.O.C. ou pas, organisera régulièrement des bals sur la place publique et toutes les manifestations traditionnelles catalanes. Le carnaval, premiére fête du printemps demandait un important investissement pour l'organisation , la confection les chars , mais aussi faire participer les associations comme la GV et notre tony Vert et avoir la complicité des enfants et des parents qui cette année 1984 avait organisé le "casament tremblant" .


Les bars et le cinéma

Nous parlerons, en quelques lignes, des bars du village. En effet, ces commerces étaient le point de convivialité : les gens n'avaient pas la télévision et ils se rassemblaient après leur journée de travail pour discuter à la terrasse du bar qui était un lieu privilégié, à part une petite période d'hiver où tout le monde se pressait à l'intérieur. La rue était vivante et instructive pour les enfants qui en faisaient leurs terrains de jeux, surveillés par les voisins, car tous se connaissaient. Les dimanches et jours fériés, tous les hommes se retrouvaient vers quatre heures au bar pour discuter, souvent pour jouer aux cartes. Le bar est aussi le centre des festivités : mariages, baptêmes, fêtes du village, orchestres etc... L'un des premiers bars est installé dans la maison du "kiné" en haut de la place avec sa terrasse devant la boulangerie. Ce café tenu par la veuve Chamard qui est aussi la propriétaire de la menuiserie en bas de la place dans l'angle. Elle déménagera son bar dans les locaux de la menuiserie lorsque celle-ci fermera ses portes. Deux bars mitoyens seront les points d'animation du village. Ils sont petits : le café Chamard, à l'angle de la place, a une salle avec un comptoir ; contiguë une cuisine et sa cheminée qui est allumée toutes la journée. Sur le côté, le braséro : bati en ciment avec deux trous pour recevoir des récipients en fonte aux fonds grillagés, dans lesquels sont mises avec une pelle, les braises incandescentes de la cheminée. Sur le dessus les casseroles sont posées pour faire le café et les boissons chaudes, les cendres tombent dessous, dans le cendrier qui est vidé deux fois par jour. L'eau est prise à la pompe extérieure avec un broc, et les verres sont lavés dans l'évier en granit de la cuisine. L'eau sale s'écoule dans la rue par un tuyau qui traverse le mur. L'autre café est tenu par Mme Henriette Vidal de 1933 à 1946, qui passe la gérance à Me Emilie Galy . Pendant la guerre avec l'Allemagne et la guerre d'Espagne, les cafés fonctionnent grâce au marché noir. Le couvre-feu est à vingt et une heures. Les jours de grand froid, les bars ferment pour économiser le chauffage. Le ravitaillement qui vient de Perpignan se fait avec des mulets. Le bar d'Henriette Vidal est racheté en 1946 par Amélie Chamard qui le transforme pour agrandir sa salle. Cette nouvelle salle aménagée qui pouvait être fermée, servira même pour des réunions du conseil municipal. Plus tard, dans les années 1960, elle servira de guinguette permettant aux jeunes de danser tous les samedis soir. A l'époque des fêtes de Noël, le bar organise des rifles. Personne n'a pu oublier ces séances pittoresques de numéros égrenés tout doucement avec l'accent rocailleux catalan, dans l'attente du lot, et soudain, le gagnant ! l'hilarité générale prenait le dessus avec les batailles de grains de maïs. C'est aussi le café qui a eu en 1952 la première télévision du village, en noir et blanc. Après s'être appelé "le capricorne", le bar se nomme aujourd'hui "le République". En 1988, un second bar s'ouvrira rue du clair soleil, pendant seulement quelques années.

Ce fut vers 1930 que le cinéma devint parlant. Les établissements de cinéma se sont développés et avec eus les cinémas ambulants. Des années 30 et jusqu’aux années 70, deux fois par semaine, le cinéma ambulant passait à Saleilles avec son "camion-pellicule". En hiver les séances se déroulent dans la salle du bar. Les premières machines qui fonctionnaient avec des électrodes de charbon, étaient à l'extérieur à cause des risques d'incendie, et projetaient leurs images au travers des vitres de la porte sur un simple drap blanc accroché au mur. Les séances, en été, avaient lieu devant la chapelle. Pour éviter les resquilleurs, le terrain avait été clôturé par une palissade de roseau derrière laquelle avait été plantée une haie de laurier, la porte d'entrée étant côté ouest, contre la maison du "kiné". Le film était projeté sur un drap fixé sur le mur de la maison côté est, la machine à projeter se trouvait à la porte d'entrée. Le projectionniste, près de la porte, surveillait les entrées mais aussi les resquilleurs qui tentaient de suivre le film au travers de la haie. Les jours de tramontane, le drap bougeait trop et l'on changeait de côté, mais c'était moins pratique pour le projectionniste. Chacun apportait sa chaise paillée et l'on partait à l'aventure dans les froissements de papier de bonbon et les exclamations des râleurs. Certaines années, en hiver, il y avait aussi des projections dans une des caves viticoles de Saleilles. Après l’apparition de la télévision en 1952, il y eu encore quelques séances devant la chapelle pendant quelques années l'été et le cinéma ambulant disparu. En 1969 la télévision en couleur envahie les maisons. La clôture de lauriers fut enlevée et la porte démontée, le terrain servira de boulodrome jusqu'aux années 1980. Le terrain sera définitivement aménagé afin de mettre la chapelle en valeur en 1997.

Les associations et les équipes

Avant les années 70, les associations sont pratiquement inexistantes, à part le rugby et la pétanque.
Le rugby qui était appelé football, fait son apparition dans le département au environ de 1890. Seules les grandes villes ont une équipe. Après la guerre de 14 le football se démocratise. L'équipe de perpignan qui est dans une catégorie supérieure, joue au niveau régional et les deux premières équipes de village sont créées dans le département en 1920 : Torreille et l'entente Saleilles - Théza. La première année ils ne joueront qu’entre eux. Il fallut regrouper les jeunes des deux villages pour trouver les 15 joueurs. L'instituteur, M. Chargés mis en place l'association sous titre de Société de Football et devient président, remplacé après quelques années par Gabriel Jonquéres de Théza. Avec lui nous avons M. Daring G. vice président, M. Arqué trésorier, Casenove F. secrétaire et Huc C. capitaine. En 1923 cette équipe était composée de (debout) Jacques Arqué, Augé de Cabestany, Morat, Casenove, Silvain Huc, arnest, Georges Pagés, Pierre Durand, Clément Huc, M Marty, l'instituteur Chargés (assis) E Masole, "mouna", Destaville, Sébastien Olive, Ange Brunet, Joseph Maymil, Paul Saugnie et Vincent Maymil. Cette équipe restera unie jusqu’en 1930.
A partir de cette date, il n'y aura plus d'équipe officielle de rugby à Saleilles. Les jeunes iront jouer avec Théza (1948), Cabestany ou Saint Nazaire. C'est en 1979, sous la pression de Louis Borreil, Alibert et René Durand qu'une nouvelle équipe est créée. En 1995, elle fusionnera avec Cabestany sous le nom de "Entente de la Fosseille". Cette nouvelle équipe remporta d'ailleurs le championnat de France honneur en 1998 ainsi que tous les titres départementaux et régionaux ou elle était engagée.
Dans les années sans rugby, les jeunes se tourneront vers l'athlétisme ou plusieurs coupes ont étaient remportées et exposées au bar du village. Casenove albert et Fons brillait à la course, Meya pierre à la perche en bambou à l'époque.
En 1973, la commune fait l'achat de 18 hectares de terre dont une partie sera dédiée à la création d'un terrain de sport. C'est tout logiquement qu'à partir des années 1980, en plus du rugby, les jeunes se tourneront vers le football, sport à la mode ; plusieurs équipes seront créée, surtout des équipes de petits qui occuperont les enfants le mercredi après midi.

Les saleillencs ont toujours aimé jouer à la pétanque. Un club fut créé le 30 mars 1951 et a eu son siège pendant de nombreuses années dans la maison prêtée par M. Pouquet, place de la fontaine. Le terrain officiel était le parvis de la chapelle qui était partagé l'été avec le cinéma ambulant, mais les rues de la commune en terre battue serviront souvent de terrains de boules, seule la route départementale qui traverse le village est goudronnée. Sont devenus présidents du club en 1973 Bertrand Roger, 1976 Ferrer joseph, 1982 Gasch Liberto, 1990 Fraiche Henri, 1992 Egéa Henriette, 1997 Gasch Liberto et 2000 Canals Marcel. Aujourd'hui le club est installé dans ces locaux au parc des sports, avec un terrain adapté.

A partir des années 70, avec l'arrivée de nouveaux habitants et l’expansion du village, ce fut une multitude d'associations qui verront le jour. En 1998, il y a les clubs de sport : football, rugby, gymnastique, musculation, judo, yoga, cyclisme, karaté, tennis, etc... les clubs plus culturels comme aire de primavera, traditions catalanes, préservons le patrimoine, théâtre adulte, le petit théâtre, la bibliothèque, deux écoles de musique, chorale, orchestre, calligraphie, informatique etc...

Toutes ces associations utiliseront comme locaux essentiellement les salles municipales composées jusqu'en 2001 :
- des 2 classes de la vieille école : une salle occupée par la GV (gymnastique volontaire) et l'autre par toutes les associations de coutures ;
- des préfabriqués laissés par l'enseignement rue jules ferry : une salle pour l'informatique et l'autre pour le troisième âge ;
- toutes les classes devant la mairie avec la salle bleue pour les réunions d'associations, le préfabriqué jaune de la poste pour les activités plus bruyantes, le reste, paralléle à la rue, étant le siège du football et du rugby
- le club 1000 réservé aux arts martiaux. la salle sera restaurée en 2005
- la chapelle servant en priorité pour les expositions avec la salle polyvalente de la mairie.

Les activités physiques n'avaient pas de locaux appropriés. Le maire, José Arrièta, avait lancé un projet de salle pendant son second mandat en 1985. À l’origine prévu sur la place de la mairie, près de la poste, les inondations de 1992, le décès du maire en 1993 remettront le projet en question et le nouveau maire, Michel Erre, reprendra tout à zéro. Prévu en plusieurs tranches, le gymnase proprement dit portera le nom de "José Arrièta" et sera inauguré par la famille Arrièta et les élus locaux le 13 avril 2002. Il regroupe tous les sports collectifs du village dans plusieurs salles adaptées : gymnastique, judo, musculation etc... . La seconde tranche qui comprend l'accueil, la maison du gardien et l'aménagement extérieur, sera terminée l'année suivante, en 2003. La troisième tranche prévue est la grande salle de sport pour basket ou handball, transformable en salle pour spectacle avec une scène visible de l'intérieur et du parking extérieur.
Ce sont ajoutées aux salles pour les associations en 2002, les 3 salles du château d'eau inauguré le 18 octobre 2002. Une salle dans l'ancien lavoir appelée salle "Picasso" pour l'association de sculture, et 2 salles dans le chateau d'eau : la salle "Georges Brassens" pour l'école de musique au premier étage et la salle "Gabriel Faure" au second pour l'institut musical.


Les gens et la vie

Nous parlerons de toutes ces petites choses qui ont émaillées la vie des saleillencs en cette première moitié du XXe siècle, comme cette carte postale "type de catalane" que l'on trouvait à la vente. C'est madame Marie Raynal de Saleilles qui a posé dans le jardin de la Demoiselle Vimort. Cette carte a dû être envoyée à de nombreux catalans sur le front de 1914. Celle ci vient d'Isidore Clavaguéra qui informait son épouse de sa permission en 1915.
Les lignes qui suivent résument les propos racontés par les saleillencs et notamment en 1980 par Mélanie qui vivait place de la fontaine et qui avait passé les 90 ans.
Les "habits du dimanche" n'étaient sortis que pour les fêtes ou les grandes occasions. Les hommes étaient vêtus généralement d'un costume de velours à côtes en hiver et de coutil l'été. Les jours ordinaires, une ceinture de flanelle appelait "faixa", entourait la taille et retenait le pantalon. La couleur de cette faixa pouvait être noire ou verte mais généralement rouge. Pour finir, une casquette ou un béret les protégeait mais, pour les cérémonies, le chapeau de feutre était préféré.
Les femmes jusqu'à la guerre de 1940 portaient la coiffe en mousseline blanche unie les jours ordinaires avec un tablier qui protégeait la robe. Les jours de fête, la coiffe était en dentelle et l'on portait un chemisier blanc sur une jupe longue avec les bijoux. Lors d'un deuil, elles se mettaient en noir : trois ans pour des proches, un ou deux pour des parents plus ou moins éloignés. Pour les deuils sévères : robe, bas, chaussures et foulard noirs. A partir d'un certain âge, elles ne le quittaient pratiquement plus et portaient des robes noires tombant jusqu'aux pieds ou seule la coiffe blanche cassée cette sévérité.
Au delà d'un certain âge mais surtout au décès de l'un des deux, les grands parents vivaient chez un de leurs enfants. La grand mère aidait aux taches de la maison pour soulager sa fille le plus souvent ou sa belle fille. Elle faisait les confitures, préparait les délicieuses liqueurs et faisait goûter les enfants en leur coupant les tranches de pain dans la grosse miche sur lesquelles elle étalait généreusement de la confiture ou le chocolat en poudre sur une souche de beurre. En hiver, le plaisir des tout petits était de griller les tranches de pain à la cheminée.
Le grand père, lui, s'occupait du jardin le matin "à la fraîche". Après sa sieste, s'il élevait des lapins, il allait tous les jours ramasser de l'herbe tendre le long des chemins. En fin d'après midi, il allait refaire le monde à la terrasse du bar de la place de la république.
A l'heure du repas, la plus grande des filles, aidée du petit frère ou de la petite sœur, mettait le couvert sur le bois de la table. La nappe blanche n'était sortie que pour les grandes occasions. Le grand père était en bout de table, comme tout bon patriarche et chacun avait sa place assignée. C'est la mère qui portait les plats fumants au milieu de la table mais le père qui servait, le grand père en premier puis les enfants. Le père coupait le pain après avoir fait le signe de croix avec la pointe du couteau sur la croûte.
Les garçons portaient des blouses noires boutonnées devant et les cheveux coupés courts avec une petite frange sur le front, coiffés par un béret noir. Les filles avaient des tabliers de couleur et les cheveux longs que tous les matins il fallait peigner et tresser en natte qui retombait dans le dos. L'hiver, des sabots montants à semelle de bois permettaient d'avoir les pieds au chaud, mais dès qu'il faisait bon, les espadrilles légères sortaient. Pour la pluie, assez rare chez nous, nous avions des pèlerines en drap avec un capuchon conique. Elles servaient aussi à couper du vent froid. Ce n'est qu'à partir de 1920 que les filles les plus hardies se font couper les cheveux à la "garçonne". Ce fut le début des salons de coiffure pour femmes car seuls les barbiers coupaient les cheveux aux hommes. Cette nouvelle profession développera les différences dans la coiffure féminine, les cheveux étaient ondulés au fer avant l'apparition de la permanente et des couleurs.




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